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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 07:36

 

 

 

 

 

Makhila-d-honneur-1920.jpg

 

 

 

Bonjour,

 

Merci à tous ceux qui ont participé au jeu de samedi dernier. Et bravo à Isabelle qui, la première, a trouvé la bonne réponse et à tous ceux (ils sont nombreux) qui ont résolu cette devinette.

L'objet de la photo était facile à reconnaître pour les Basques et pour tous ceux qui possèdent un makhila. Elle représentait en effet la pique d'un makhila. Mais qu'est-ce qu'un makhila me diront tous ceux qui ne connaissent pas le Pays basque?

"En Pays basque, on appelle makhila un bâton de néflier ferré au gros bout avec une poignée garnie de cuivre ou de cuir et ayant une dragonne" (Fabre, 1869).

 

 

 

 

Planche-sur-les-makhila-de-Victor-Lhuer.jpg

Planche sur les makhilas de Victor Lhuer

(Visages du Pays basque - Éditions Horizons de France, Paris, 1942)

 

 

Carte-postale---Groupe-de-paysans-basques-a-Mauleon.jpg

 

 

 

Le makhila, c'est un bâton traditionnel basque fait d'une branche de néflier dont le manche est gainé de cuir tressé ou de métal (laiton, maillechort ou argent) que surmonte une rondelle de corne ou de métal. 


 

 

Pommeau-et-dragonne-du-makhila.jpg

Manche d'un makhila d'honneur de 1920 avec sa dragonne en cuir tressé

 

 

 

La base est gainée par un étui de métal travaillé que prolonge une pointe triangulaire. Sur cet étui sont inscrits le nom de l'atelier et l'année de fabrication.

 

 

    

Makhila-Leoncini.jpg   Signature-Ainciart.jpg

 

 

 

La pointe ou "trèfle" en acier assure une bonne accroche dans les sols des montagnes basques et sert aussi à équilibrer le makhila pour la marche.    

 

 

 

Pointe-du-makhila.jpg

 

 

 

Le manche se dévisse et sert de fourreau pour une pique d'acier qui fait office d'arme.

 

 

 

La poignée du makhila se dévisse

 

Pique du makhila 

      Pique du makhila

 

 

 

Le bois porte des nervures obtenues par des incisions faites au printemps sur le néflier.

 

 

 

Bois-du-makhila.jpg

 

 

 

Les fabricants de makhila sont très peu nombreux (je n'en ai recensé que trois au Pays basque français : Ainciart Bergara à Larressore, Leoncini à Bayonne et Etxebestia à Ibarolle). C'est un métier difficile qui se transmet de père en fils. 

La famille Ainciart Bergara de Larressore produit des makhilas depuis 8 générations. Je suis passée à l'atelier l'autre jour et ai photographié à l'extérieur les affiches expliquant la fabrication des makhilas (il est interdit de photographier à l'intérieur). Je vous en fait profiter.

 

 

 

Jean Ainciart devant son établi en 1924

      Jean Ainciart devant son établi en 1924

 

 

 

 

La fabrication des makhilas

 

 

Tout commence par la recherche en forêt des pieds de néflier (Mespilus germanica). Les tiges qu'ils portent sont scarifiées à la main à l'aide d'outils tranchants. Cette opération se fait au printemps.

 

 

 

Dessin-sur-pied-de-neflier.jpg

Dessin sur pied de néflier

 

 

 

Les tiges poursuivent leur croissance jusqu'à la fin de l'automne, époque à laquelle elles sont coupées.

De retour à l'atelier, elles sont passées au four.


 

 

 Four-de-campagne.jpg

 

 

 

Cette opération permet d'ôter l'écorce et de travailler les fibres pour rectifier le bois. L'écorce est enlevée par lambeaux. Le bois de néflier très chaud est alors d'une grande souplesse. Les dessins des incisions faites au printemps apparaissent. On parachève l'écorçage au couteau.

 

Le séchage qui doit nécessairement se prolonger plusieurs années peut commencer.

 

 

 

Séchage des tiges au grenier

Séchage des tiges au grenier

 

 

 

Une coloration (qui est un secret de famille) termine la phase de préparation du bois.

 

Le bois est enfin habillé avec des viroles de métal, laiton, maillechort ou argent. Celles-ci sont fabriquées et ornementées à la main et ajustées au diamètre du bois.

 

 

 

Ciselage-de-la-virole-copie-1.jpg

 

 

 

La poignée est gainée de lanières de cuir tressées ou tout en métal (pour les makhilas d'honneur). Elle se termine par le pommeau en corne ou en métal façonné au marteau. En dévissant cette poignée, on découvre l'arme, une pointe forgée. 

 

 

 

Soudure-a-la-forge.jpg

Soudure à la forge

 

 

Pointe-forgee-a-l-enclume.jpg

Pointe forgée à l'enclume

 


Travail-du-cuir.jpg

Le travail du cuir

 

 

 

Enfin, une dragonne en cuir tressé est ajoutée pour permettre de suspendre le makhila et éviter ainsi qu'il ne se déforme.

 

 

 

Dragonne-du-makhila.jpg

 

 

 

Le makhila de Larressore est le seul savoir faire au Pays basque inscrit à l'inventaire des Métiers d'Art (dans le cadre de la convention de l'UNESCO de 2003 visant à sauvegarder le patrimoine culturel immatériel). Il est labellisé EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant) depuis fin 2011 et EPV Centenaire depuis 2012.

Si vous voulez en savoir plus ou commander un makhila (mais, tradition basque oblige, il faut vous le faire offrir par une tierce personne), je ne peux que vous conseiller d'aller visiter le site www.makhila.com/.

Vous pouvez aussi consulter le site d'Iñaki Alberdi qui a réintroduit en Espagne la tradition du makhila qui s'était perdue au Pays basque espagnol (http://www.makilasalberdi.com/).    

 

A bientôt ! 

 

 

 

 


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Published by La nutrition en couleurs - dans Pays basque
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  • La nutrition en couleurs
  • Médecin nutritionniste, passionnée par la lumière et les couleurs, j'aime faire partager à ceux qui m'entourent mes connaissances en cuisine et en nutrition pour qu'ils puissent concilier santé, plaisir et gourmandise.
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