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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 14:21
Terres mêlées, nériage, nerikomi

 

 

Bonjour,

 

Je vous ai promis l'autre jour de vous parler des terres mêlées. Je vais essayer de le faire aujourd'hui.

 

La plupart des céramiques que nous avons l'habitude de voir sont recouvertes en surface d'un ou plusieurs émaux qui leur donnent un dessin et une coloration particulière. Dans la technique des terres mêlées ou nériage (prononcez néri-agué), le graphisme et la coloration ne sont pas superficiels mais noyés dans la masse de l'argile.

 

Cette technique a été mise au point par les potiers chinois entre le VIe et le VIIIe siècle. Elle a été utilisée en Chine mais aussi en Égypte et par les Romains.

En Europe, au XVIIIe siècle, des potiers français et anglais eurent l'idée de juxtaposer des terres argileuses de différentes couleurs pour imiter le marbre et l'agate.

 

 

Saucière - 1ère moitié du XVIIIe siècle - Fabrique du Staffordshire - Sèvres, Cité de la Céramique

Saucière - 1ère moitié du XVIIIe siècle - Fabrique du Staffordshire - Sèvres, Cité de la Céramique

Aujourd'hui, cette technique n'est plus utilisée que par quelques artistes, au Japon surtout et un peu en Europe.

 

On utilise des terres de couleurs différentes que l'on mêle plus ou moins pour composer le dessin et l'agencement de couleurs souhaité. On assemble des bandes, des plaques ou des morceaux d'argile colorée.

 

 

 

Plaques de faïences blanche et rouge superposées

Plaques de faïences blanche et rouge superposées

 

 

On découpe le bloc formé et l'on recommence à superposer, à frapper et à aplatir jusqu'à obtenir le dessin désiré.

 

 

Terres mêlées, nériage, nerikomi

 

 

On découpe alors des lamelles que l'on aligne pour façonner la plaque qui sera moulée afin d'obtenir la forme désirée. L'ensemble sera lissé sur le moule à l'éponge puis mis à sécher aussi lentement que possible. Le dessin a alors complètement disparu.

 

 

Assiette en terre mêlée avant ponçage

Assiette en terre mêlée avant ponçage

 

 

Une fois séchées, les pièces sont grattées à l'estèque puis poncées soigneusement.

 

 

Terres mêlées, nériage, nerikomi

 

 

Le dessin du nériage apparaît peu à peu.

 

 

Grattage d'une assiette en terres mêlées à l'estèque

Grattage d'une assiette en terres mêlées à l'estèque

 

 

L'opération de grattage et de ponçage est délicate car la pièce n'est pas encore cuite à ce stade de la fabrication.

Après ce ponçage minutieux, les pièces sont cuites pour obtenir des biscuits. Elles sont ensuite recouvertes d'un émail transparent qui soulignera le graphisme et accentuera la vivacité des couleurs.

 

 

 

 

Assiette en terres mêlées avant ponçage, avant émaillage et après émaillage et deuxième cuisson

Assiette en terres mêlées avant ponçage, avant émaillage et après émaillage et deuxième cuisson

Assiette en terres mêlées après deuxième cuisson

Assiette en terres mêlées après deuxième cuisson

 

 

Il est ainsi possible de réaliser des pièces marbrées mais aussi des pièces aux motifs plus géométriques comme l'assiette dont j'ai mis la photo pour illustrer le début de cet article.

 

 

 

Terres mêlées, nériage, nerikomi
Terres mêlées, nériage, nerikomi
Terres mêlées, nériage, nerikomi

 

 

On peut aussi incruster des formes en terre colorée dans la surface d'une plaque de terre de faible épaisseur.

 

 

Terres mêlées, nériage, nerikomi
Terres mêlées, nériage, nerikomi
Terres mêlées et incrustations de faïences blanche et rouge

Terres mêlées et incrustations de faïences blanche et rouge

 

 

Je ne vous ai montré que des pièces réalisées avec des terres de deux teintes différentes. Il est possible de colorer la terre avec différents oxydes et d'obtenir des terres mélées aux couleurs multiples. Mais je n'en suis pas encore là dans mon apprentissage.

 

Merci à Isabelle qui m'a fait découvrir cette technique d'une incroyable richesse. 

 

A bientôt!

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 09:36

Plaque agence B.Gomez       

 

 

 

Bonjour,

 

On m'a fait visiter l'autre jour une maison dont l'architecte était Benjamin Gomez. Pour beaucoup, ce nom est inconnu et pourtant Benjamin Gomez fut un des architectes reconnus de l'Entre-deux-guerres. Avec son frère aîné Louis, il fut, jusqu'à la seconde guerre mondiale, parmi les architectes les plus actifs du Pays basque et de la Côte landaise.

Je reprends aujourd'hui un article sur les frères Gomez que j'avais écrit il y a quelques mois pour le magazine Txikachic et que certains d'entre vous, n'habitant pas la Côte basque, n'ont pu lire.

 

 

Louis, l’aîné (1876-1940), est architecte, diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris. Benjamin (1885-1959), le cadet, se forme à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux puis à Paris. Il se fait connaître lors de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 en obtenant un diplôme d’honneur pour la réalisation d’un Hall de syndicat d’initiative du Pays basque. Cette distinction lui permet plus tard de signer ses projets du titre d’architecte décorateur DHAD (diplôme d’honneur des arts décoratifs) alors que Louis signe architecte DPLG.

 


 

Villa Malaye

La Villa Malaye à Bayonne

 

 

Plaque-Malaye.jpg

Plaque Villa Malaye

 

 


Louis, dès 1905, construit de nombreuses villas à Biarritz qui connaît alors un développement important en matière de villégiature. Après 1925, les deux frères s’associent et œuvrent pratiquement toujours ensemble, bien qu’ayant chacun un cabinet distinct : Louis à Biarritz, Benjamin à Bayonne. Ensemble, ils travaillent sur plus de 550 projets dont plus de 300 seront réalisés. Leur œuvre compte quelques-uns des meilleurs exemples du régionalisme néo-basque.

 

 

 

 

Villa Itzala Bayonne

Villa Itzala à Bayonne

 


Plaque-villa-Itzala.jpg 

      Plaque Villa Itzala

 


Villa Gachucha Bayonne

Villa Gachucha à Bayonne

 

 

Plaque-Villa-Gachucha.jpg

      Plaque Villa Gachucha

 


 Villa Paz    

Villa Paz à Biarritz

 

Villa-de-M.-B.-Bayonne.jpg 

      Planche du livre Villas basques - Paris, Editions Charles Massin

 

 

 


Il s’agit surtout de maisons individuelles mais aussi d’immeubles de rapport, de boutiques à la mode et même de logements sociaux. L’administration leur confie la réalisation du bâtiment des Affaires maritimes à Bayonne et celle des Ponts et Chaussées et des Douanes, de grandes enseignes comme Aux Dames de France (aujourd’hui les Galeries Lafayette) ou Félix Potin leur demandent le réaménagement de leur magasin. Ils jouent aussi un rôle très important dans le développement de la nouvelle station balnéaire d’Hossegor (Sporting-Casino, Hôtel du Lac, bâtiment du golf, villas du front de mer, …).

 

 

 

 

Façade des Affaires maritimes Bayonne 

L'Inscription Maritime à Bayonne

 

 

 

Douanes

     Bâtiment des Ponts et Chaussées et des Douanes à Bayonne

 

 


Les deux frères se complètent : Louis est un architecte brillant et reconnu, Benjamin travaille plus particulièrement les questions de décor et de mobilier. Attentifs aux désirs de leurs clients, ils savent allier tradition et modernité. S’appuyant sur la tradition académique, ils la renouvellent en s’inspirant des modèles régionalistes et sont au fait des tendances les plus modernes. Leur effort de création leur permet d’adapter l’architecture traditionnelle et l’esprit régional à une distribution parfaitement moderne. Leurs réalisations s’inspirent des fermes du Labourd, de l’architecture basco-landaise mais aussi des modèles espagnols. Leur style va du néo-classicisme au modernisme en passant par l’Art déco. Grâce à la formation et à la personnalité de Benjamin, les arts appliqués jouent un rôle très important dans leurs œuvres. Avec eux travaillent des sculpteurs comme Lucien Danglade, les frères Cazaux, céramistes, les peintres Maggie Salcedo et Ramiro Arrue, des ferronniers comme Schwartz et Brandt, l’ébéniste Louis Malagarie.

 

 

 

 

Détail carreaux cazaux villa Malaye

Carreaux de Cazaux - Villa Malaye à Bayonne

 

 

Détail de la verrière -Galeries Lafayette

Détail de la verrière des Galeries Lafayette (anciennement Dames de France) à Bayonne

 

 

Vitail Galeries Lafayette Bayonne

Vitrail de la cage d'escalier des Galeries Lafayette à Bayonne

 

 

Detail-vitrail-Aux-Dames-de-France.jpg

Détail vitrail

 

 

Porte-Inscription-maritime.jpg

Porte Inscription Maritime  à Bayonne

 


Affaires maritimes détail

Inscription Maritime à Bayonne

 

 

Felix-Potin-plaque.jpg 

      Plaque Félix Potin à Bayonne

 

 

Pilier-Felix-Potin.jpg

Pilier Félix Potin à Bayonne

 

 

 

Par ailleurs, Benjamin est peintre et aquarelliste, directeur de revues et auteur dramatique (on lui doit des pièces à succès comme Malaye). C’est aussi un homme politique : c’est lui, en tant que conseiller municipal, qui propose, en 1932, la mise en place de fêtes traditionnelles basques, devenues les fameuses Fêtes de Bayonne.

 

 

 

La-Porte-de-France-et-le-Reduit---Aquarelle-de-Benjamin-Go.jpg

La Porte de France et le Réduit - Aquarelle de Benjamin Gomez

 

 


Quand vous vous promenez dans les rues de Bayonne, à Biarritz, à Saint Jean de Luz ou à Hossegor, vous admirez certainement, sans le savoir, des œuvres de ces deux frères qui ont marqué l’architecture de l’Entre-deux-guerres dans leur région. Et vous verrez peut-être la devise basque que Benjamin Gomez avait faite sienne et qu’il faisait inscrire en bas relief sur les maisons qu’il bâtissait : Lehen hala hola gero ez dakit nola (« Avant c’était comme ça, maintenant c’est comme ça, et après je ne sais pas comment »).

 

 

 

A bientôt ! 

 

 

 

Detail-vitrail.jpg

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 09:18

 

 

 

 

 

Livres-a-tranche-rouge.jpg

 

 

 

 

Bonjour,

 

Merci tout d'abord pour votre participation. Malgré le beau temps, vous avez été nombreux à répondre à la dernière devinette. Mais personne n'a trouvé la bonne réponse. Il s'agissait tout simplement de tranches de livres.

 

J'avais sorti quelques livres de la bibliothèque de mon père pour les nettoyer et j'ai trouvé cette pile de livres assez jolie pour avoir envie de la photographier. Et j'ai fait d'une partie de cette photo la devinette de samedi dernier. J'en ai profité pour faire quelques recherches sur cette partie de la reliure à laquelle on ne fait pas souvent attention : la tranche. Je vous livre mes petits résultats.

 

Les tranches se composent de trois parties : la gouttière qui est la tranche opposée au dos du livre et qui est généralement concave, la tranche de tête qui est la tranche supérieure et la tranche de queue qui est la tranche inférieure.

Dans les ateliers de reliure, il y avait autrefois un ouvrier spécialisé dans la reliure des tranches.

 

« Faire la tranche , c’est couvrir cette tranche d’une couleur unie, ou la jasper, ou la marbrer, ou la dorer. Ainsi que nous l’avons dit, le relieur de petite ville est obligé de savoir faire toutes ces opérations, et il s’en acquitte tant bien que mal, trop souvent plutôt mal que bien. Dans les grands centres, au contraire, et même dans tous les grands ateliers, elles sont effectuées par des ouvriers spéciaux qui, principalement pour la dorure, sont quelquefois de véritables artistes » (source : Seb. Lenormand - Manuel Roret du relieur, Paris, Mulo, 1900).

 

Les tranches pouvaient être marbrées. 

 

Livre-a-tranche-marbree.jpg

Tranche de livre de 1818

 

Elles peuvent être aussi mouchetées, jaspées ou guillochées.

Elles sont parfois dorées à l'or fin ou recouvertes de laiton qui imite l'or.

 

Tranche-doree.jpg

Tranche de livre de 1874

 

Elles sont souvent en couleur unie comme les livres de la photo de la devinette, rouges, jaunes ou bleues le plus souvent.

 

Livre-a-tranche-rouge.jpg

Tranche de livre de 1774

 

Regardez les tranches des livres anciens chez les bouquinistes ou dans votre bibliothèque, si vous avez des livres anciens. Vous trouverez peut-être des merveilles comme ces tranches peintes que j'ai vues sur internet qui ornent (très rarement) des ouvrages du XVIIIe ou du XIXe siècle édités au Royaume Uni et qui représentent des paysages, des portraits..., de façon monochrome ou en couleurs.

 

A bientôt !

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 11:30

279271399_067d483b8d.jpg

     ChillidaEl Peine del Viento - San Sebastián (Espagne)

 

 

 

 

Bonjour,

 

La devinette de samedi dernier ne vous a pas inspirés, semble-t-il. Il était, à dire vrai, difficile de reconnaître, sur la photo que je vous ai montrée, le détail d'une sculpture en granit rose de Chillida, photographiée au musée de Chillida Leku avant sa fermeture au public en 2011. 

 

Bravo à Mike qui a trouvé la bonne réponse!

 

Chillida, ce sculpteur qui nous a quittés il y a plus de 10 ans maintenant, travaillait l'acier comme le granit, le marbre ou l'albâtre mais aussi le bois. Je vous en ai déjà beaucoup parlé (cf.  La fermeture du musée Chillida-LekuAvis aux amateurs de ChillidaChillida à la Fondation Maeght) et ne vous en dit pas plus sur lui aujourd'hui. Je vous renvoie aux articles cités ci-dessus (il vous suffit de cliquer sur les liens) ainsi qu'à l'album photos "Chillida". Je vous montre juste quelques photos de la sculpture de la devinette (moins en détail!).

 


 

 

cHILLIDA-1.jpg

 

 

Chillida4.jpg

 

 

ChILLIDA2.jpg

 

 

 

A bientôt !

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 07:27

Installation-for-Bilbao-de-Jenny-Holzer-3.jpg

 

 

 

Bonjour,

 

Ron2cuir a trouvé tout de suite la bonne réponse : il s'agissait de Installation for Bilbao, une oeuvre de Jenny Holzer de 1997 qui fait partie des oeuvres permanentes du musée Guggenheim de Bilbao. 

 

Jenny Holzer est une artiste américaine née en 1950 qui aborde dans ses oeuvres les thèmes du sexe, de la mort et de la guerre. Elle utilise souvent des enseignes lumineuses, des rubans à cristaux liquides pour diffuser ses messages. 


Installation for Bilbao est composée de neuf colonnes de diodes électroluminescentes courant sur deux faces, diffusant en basque, en espagnol et en anglais des messages renvoyant à des thèmes universels tels que l'intimité, la déception, la mort ou la perte.

 

 

 

Installation for Bilbao de Jenny Holzer

 

 

Comme l'a dit Isabelle, cette oeuvre monumentale (vous pouvez voir sur la photo ci-dessus un visiteur contemplant cette oeuvre du premier étage) est située dans le hall principal du musée.

 

 

 

Jenny Holzer Installation pour bilbao

 

 

 

Vous pouvez voir d'autres photos de cette installation dans l'album photos "Musée Guggenheim Bilbao" ou dans l'article  Le musée Guggenheim à Bilbao - Exposition David Hockney.

 

 

A bientôt !

 

 

 


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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 08:31

 

Recipient-destine-a-proteger-les-femmes-enceintes-et-le.jpg

 

 

 

Bonjour,

 

Merci encore à ceux qui ont participé au jeu de samedi dernier. Vous avez presque trouvé la bonne réponse. Mike l'a presque donnée. Je vous remontre la photo de la devinette.

 

 

 

Devinette du samedi 15 décembre - Récipient destiné à g

 

 

 

Il s'agissait d'un récipient destiné à guérir les maux de dos. Ce récipient utilise des "vertèbres" très pointues pour capturer de façon radicale les causes à l'origine de maux de dos. Cette représentation permettait d'éloigner plus facilement la maladie.

 

Ce récipient est apparenté aux nombreux autres pots de guérison documentés chez les Cham-Mwana et les Longuda, peuples d'Afrique de l'Ouest établis au Nigéria dans la vallée occidentale de la Gongola, principal affluent de la Benoué.

 

Ces objets ou kwandalwa (au singulier kwandalha) étaient utilisés pour lutter contre des maladies telles que la lèpre, le paludisme, la varicelle, la variole, voire la folie et pour soigner certains symptômes comme les lombalgies, les céphalées, les vomissements ou la toux. Les Cham-Mwana donnaient des noms spécifiques aux récipients associés à chacun de ces maux. Le récipient de la devinette s'appelait ainsi kulok-kulok. Celui de la photo au-dessus, qui était destiné à protéger les femmes enceintes et leur foetus s'appelait jina bitibiyu. Ces deux objets datent de la fin du XXe siècle.

 

Ces objets, conçus principalement par des femmes étaient destinés à transférer un mal spécifique du patient au pot. Ils étaient abandonnés à bonne distance de la maison du malade. C'est ainsi que l'on a découvert ces pots de guérison dans les collines où vivaient les Cham-Mwana et les Longuda avant qu'ils ne s'installent en plaine, dans des lieux plus accessibles.

 

D'autres pots étaient destinés à contenir les âmes des défunts. Ces objets qui servaient à la divination étaient généralement conservés par les guérisseurs dans des sanctuaires.    


Ces objets - et bien d'autres pièces - sont exposés actuellement au musée du quai Branly pour l'exposition Nigeria, arts de la vallée de la Benoué.

 

 

 

Affiche-expo-Nigeria.jpg

 

 

 

A bientôt !

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 11:26

Plat Iznik style saz vers 1575-1585

Plat

Iznik, vers 1575-1585

Céramique, décor peint sous glaçure  

Musée du Louvre 

 

 

 

Bonjour,

 

La céramique à Iznik se développe particulièrement au XVIe siècle. C'est à partir des années 1520 que se développe le style saz. Le terme "saz" désigne en turc ancien une forêt épaisse et luxuriante, peuplée de créatures fabuleuses. Il qualifie des compositions végétales dans lesquelles entrent des fleurs exubérantes et de souples feuilles aux contours dentelés. Ce style fut développé par un peintre et poète nommé Shah Quli (mort en 1556) qui travaillait à l'illustration des manuscrits pour la cour. Il concevait aussi des modèles destinés à être transposés sur des supports variés.

 

L'un des accents visuels des compositions saz est une feuille aux contours dentelés et aux nervures apparentes dite "hançeri" car sa longue courbe évoque une dague de poignard (hançer en turc). Simplifiée à l'extrême, elle prend l'aspect d'un simple "s". 

 

 

 

 Carreau---detail-1570-1580.jpg

Carreau - détail

Iznik, vers 1570-1580

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 


A cet élément propre au style saz, sont associés des fleurs : tulipes, jacinthes, oeillets, violettes...

 

Je vous montre ci-dessous quelques exemples des pièces de ce style présentées au musée du Louvre.

 

 

 

 


Plat 1565-1580

Plat

Iznik, vers 1565-1580

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 


 

Plat Iznik vers 1565-1580

Plat

Iznik, vers 1565-1580

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

 

Carreau Iznik vers 1545-1550

Carreau 

Iznik, vers 1545-1550

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre


 

 

 

A partir des années 1560, les céramistes ottomans emploient une engobe à base d'oxyde de fer pour obtenir un rouge vif en léger relief. Ils expérimentent aussi des teintes subtiles tels le rouge corail ou le bleu lavande. Les compositons florales sont fréquentes. En effet, l'horticulture est un passe-temps répandu parmi les élites ottomanes.

 

 

 

 

Coupe-a-fond-corail.jpg Coupe à fond corail

Iznik, vers 1560-1570

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 


 

Carreau Iznik

Carreau

Iznik

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

Ecoinçon Iznik

Ecoinçon

Iznik

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

 

Plat à décor floral Iznik vers 1565-1570

Plat à décor floral

Iznik, vers 1565-1570

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 


 

Plat à décor floral vers 1565-1570    

Plat à décor floral

Iznik, vers 1565-1570

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

 

Plat aux tulipes Iznik vers 1560-1575

   Plat aux tulipes 

Iznik, vers 1560-1575

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

 

Plat à décor concentrique Iznik vers 1565-1570

Plat à décors concentriques

Iznik, vers 1560-1575

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre


Plat au cyprès Iznik vers 1565-1570

      Plat au cyprès

Iznik, vers 1565-1570

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

 

Les motifs de bateaux ou d'animaux apparaissent aussi souvent dans la céramique d'Iznik dès la seconde moitié du XVIe siècle et tout au long du XVIIe siècle.


Pichet aux voiliers
Pichet aux voiliers
Iznik, XVIe siècle
Céramique, décor peint sous glaçure
Musée du Louvre

Plat-aux-voiliers.jpg
Plat aux voiliers
Iznik, XVIe siècle
Céramique, décor peint sous glaçure
Musée du Louvre
Carreau-aux-oiseaux.jpg
Carreau aux oiseaux
Iznik, XVIe siècle
Céramique, décor peint sous glaçure
Musée du Louvre

Plat-aux-animaux.jpg
Plat aux animaux
Iznik, XVIe siècle
Céramique, décor peint sous glaçure
Musée du Louvre
Pichet-aux-animaux.jpg
Pichet aux animaux
Iznik, XVIe siècle
Céramique, décor peint sous glaçure
Musée du Louvre

 

 

Dans le dernier quart du XVIe siècle, les céramistes ottomans composent des décors abstraits qui s'enlèvent sur des fonds colorés ou des textures tels que les fonds d'écaille ou les fonds à spirales.

 

 

 

 

Plat à fond rouge Iznik vers 1585

Plat à fond rouge

Iznik, vers 1585

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

Plat à fond d'écailles Iznik vers 1585

Plat à fond d'écailles

Iznik, vers 1585

Céramique, fond peint sous glaçure

Musée du Louvre

     

 

 

 

 Plat à écailles Iznik vers 1585

Plat à fond d'écailles

Iznik, vers 1585

Céramique, fond peint sous glaçure

Musée du Louvre

 


Plat à fond spiralé Iznik fin XVIe siècle
Palt à fond spiralé
Iznik, fin du XVIe siècle
Céramique, fond peint sous glaçure
Musée du Louvre

Les potiers ottomans du XVIe siècle tentent aussi d'imiter les porcelaines chinoises qui étaient alors très prisées par les élites notamment les vaisselles bleu et blanc de l'époque Yuan ou Ming.

Plat Iznik
Plat sinisant
Iznik, fin du XVIe siècle
Céramique, décor peint sous glaçure
Musée du Louvre

Plat-Iznik-16eme-siecle.jpg
Plat à décor sinisant
Iznik, fin du XVIe siècle
Céramique, décor peint sous glaçure
Musée du Louvre
Sur certaines pièces, les motifs sinisants sont peints dans un gris délicat.

Plat Iznik XVIe siècle
Plat sinisant
Iznik, fin du XVIe siècle
Céramique, décor peint sous glaçure
Musée du Louvre
J'espère que je ne vous ai pas trop embêtés avec mes céramiques d'Iznik. Mais il ne m'a jamais été permis d'en voir autant à la fois et je voulais vous en faire profiter. Si cela vous intéresse, allez faire un tour au musée du Louvre. Il y a plein d'autres pièces à découvrir.
Je ne vous ai pas parlé des panneaux décoratifs dont le Louvre possède une grande collection. Ce sera pour une autre fois. Il est temps que je change de sujet !
A bientôt !
P.S. Excusez la mise en pages, on ne fait pas toujours ce qu'on veut avec son ordinateur !
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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 15:36

 

 

Plat - Iznik - vers 1545-1555

Plat

Iznik, vers 1545-1550

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

Bonjour,

 

Après l'introduction du bleu turquoise, la palette des céramiques d'Iznik s'enrichit encore d'une teinte rose ou aubergine, obtenue à partir d'oxyde de manganèse, et de différentes nuances de vert. 

 

Le répertoire décoratif subit aussi une profonde transformation. L'inspiration est moins abstraite, les compositions sont libérées de la géométrie.

 

 

 

 

Plat - Iznik - Vers 1545-1550 - 4

Plat

Iznik, vers 1545-1555

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 


Plat - Iznik - Vers 1545-1555 - 3

Plat

Iznik, vers 1545-1555

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

Plat - Iznik - Vers 1545-1550 - 5 

Plat

Iznik, vers 1545-1550

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre


 

 

Branches fleuries évoquant le renouveau du printemps, grenades et variétés de fleurs cultivées dans les jardins ottomans envahissent les surfaces.

 

 

 

Carreau aux branches fleuries

Carreau aux branches fleuries

Iznik, vers 1540-1545

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

Carreau aux branches fleuries - Iznik - Vers 1540-1545

Carreau aux branches fleuries

Iznik, vers 1540-1545

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

Plat - Iznik - vers 1545-1555 - 2

Plat

Iznik, vers 1545-1555

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

A bientôt pour la suite de l'histoire d'Iznik!

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 10:05

Plat - Iznik, vers 1510-1520

Plat

 Iznik, vers 1510-1520

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre 

 

 

Bonjour,

 

Lors de mon dernier voyage à Paris, je suis allée visiter la nouvelle aile du Louvre dédiée aux arts de l'Islam. J'ai pu y admirer de merveilleuses - et très nombreuses - pièces. Le Louvre possède en particulier une très importante collection de céramiques et, parmi elles, beaucoup de pièces provenant d'Iznik. La prise de photos sans flash étant autorisée au Louvre, je peux vous faire profiter de ma visite en vous présentant quelques-unes de ces pièces. Aujourd'hui, je vous montrerai les premières céramiques de l'Empire ottoman.

 

L'appellation "céramique d'Iznik" désigne les productions réalisées à partir de la seconde moitié du XVe siècle dans la ville d'Iznik (anciennement Nicée) en Turquie. Les potiers d'Iznik développent des décors et des coloris qui rencontrent un succès grandissant tout au long du XVIe siècle.

 

Après la prise de Contantinople et l'installation de la cour ottomane dans l'ancienne capitale byzantine, on observe un renouveau dans de nombreux domaines artistiques. Il apparaît une production de vaisselle de céramique d'une grande perfection technique répondant aux besoins d'une élite en demande d'objets de luxe et d'apparat. Cette production devait se poursuivre durant tout le XVIe siècle avant de connaître une période de lent déclin au cours du siècle suivant. Cette céramique s'est très rapidement exportée, en Italie notamment. La ville d'Iznik en fut le centre de production principal.

 

Jusque vers 1520, les décors sont dominés par des formes végétales stylisées propres au répertoire islamique ("rumi", en référence aux Seljoukides de Rum) et des motifs floraux dits "hatayi" inspirées de l'art chinois (Chine se disait "Hatay" en ottoman).

Un bleu de cobalt intense et profond est employé sur les plus anciennes pièces.

 

 

 

Carreau de bordure - Iznik, vers 1506

Carreau de bordure

Iznik, vers 1506

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

Carreau de bordure - Iznik, vers 1512

Carreau de bordure

Iznik, vers 1512

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

Lampe de mosquée - Iznik, vers 1510

Lampe de mosquée

Iznik, vers 1510

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

Vase aux cyprès - Iznik, vers 1520-1525

      Vase aux cyprès

Iznik, vers 1520-1525

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre


 

 

Puis les compositions s'éclaircissent, s'aèrent et jouent l'alternance des fonds bleu et blanc. Vers 1520-1530, les céramistes explorent des voies nouvelles. Le répertoire se diversifie et des rehauts bleu turquoise (oxyde de cuivre) apparaissent.

 

 

 

Pichet - Iznik, vers 1530

Pichet

Iznik, vers 1530

Céramique, décor peint sous glaçure

Musée du Louvre

 

 

 

A bientôt pour la suite de la visite !


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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 12:56

Vochol.jpg

 

 

 

Bonjour,

 

Après le Mexique, les États-Unis, c'est à la France de découvrir la Vochol®. Le musée du quai Branly l'a accueillie durant deux mois, du 2 octobre au 2 décembre dernier. Pour tous ceux qui n'ont pas eu l'occasion de la voir, j'écris ce petit article sur la Vochol.

 

Mais qu'est ce que c'est ?

 

Le nom de Vochol vient de la combinaison de vocho (appellation de la Coccinelle de Volkswagen au Mexique) et de Huichol, population vivant dans la Sierra Madre occidentale (au centre-ouest du Mexique). 

 

 

Arriere-Vochol.jpg

 

 

 

Le projet de la Vichol® a été initié pour mettre en valeur l'aspect rituel et le savoir-faire de la culture Huichol.

La Vichol® a été réalisée par huit artisans issus de deux familles  (les Bautista de Jalisco et les Ortiz de Nayarit) à partir du chassis d'une Volkswagen Coccinelle de 1990.

Cette voiture a été recouverte de 2 277 000 perles (soit environ 90 kg) qui ont été disposées selon des dessins inspirés de la culture traditionnelle huichol. On y trouve représentés les symboles de la culture huichol, des animaux, protecteurs des hommes, des scorpions, des serpents, l'aigle, médiateur entre les hommes et les dieux...

 

 

 

Vochol-arriere-detail.jpg

 

 

 

On y voit aussi le hikuri ou peyotl, petit cactus sans épines qui contient de la mescaline, connu pour ses propriétés psychotropes et hallucinogènes, que Carlos Castaneda, auteur de L'herbe du diable et la petite fumée, a associé à ses expériences. Ce cactus sacré est l'un des dieux des Huichols qui vont le récolter tous les ans lors de leur pélerinage sur la montagne sacrée de Wirikuta, à Real de Catorce, à la porte du désert de San Luis Potosi. Ce pélerinage est représenté au milieu du coffre.

 

 

 

Vochol-avant-droit.jpg

 

 

 

Ce projet  de l'AAMAP (Asociación de Amigos del Museo de Arte Popular), avec l'appui des États mexicains de Nayarit et Jalisco et de nombreuses institutions, a nécessité plus de 9 000 heures de travail. La Vochol® a été présentée dans les grandes institutions mexicaines, aux États-Unis et enfin à Paris. Elle sera vendue aux enchères et les fonds récoltés seront utilisés pour défendre et appuyer les plus de huit millions d'artisans mexicains.

 

Je vous laisse l'admirer...    

 

 

 

Vochol-detail-2.jpg

 

 

Vochol-detail.jpg

 

 

Vochol-portiere-avant-gauche-et-interieur.jpg

 

 

 

A bientôt !    


 

 



 

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  • La nutrition en couleurs
  • Médecin nutritionniste, passionnée par la lumière et les couleurs, j'aime faire partager à ceux qui m'entourent mes connaissances en cuisine et en nutrition pour qu'ils puissent concilier santé, plaisir et gourmandise.
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